Je vous offre l'évolution des virus Internet de ces 10 dernières années à travers les 10 menaces qui ont marquées le cyberespace.Du ver I LOVE YOU à Stuxnet, en 10 ans, les virus sont passés de blagues à des outils pour cybercriminels, puis en véritables armes de cyber-guerre.
I LOVE YOU (2000)
Premier grand ver largement médiatisé en 2000, I LOVE YOU s'est propagé via des e-mails ayant pour objet "I love you" : à chaque ouverture de la pièce jointe, le ver infectait la machine et se propageait aux contacts du contaminé sous son nom. Le ver va toutefois infecter des dizaines de millions d'ordinateurs. Il a couté entre 5 et 10 milliards de dollars aux entreprises.
Code Red, le premier ver des "hacktivistes" (2001)
Si I LOVE YOU ciblait les utilisateurs, en 2001 le ver Code Red s'en prend lui aux serveurs Web. Il exploite plus précisément une faille dans les serveurs Microsoft IIS pour se propager.
Il lui aura fallu moins d'une semaine pour infecter près de 400 000 serveurs.
L'une des fonctionnalités du ver lui permettait de réaliser une attaque par déni de service contre le site Internet de la Maison Blanche. "Ce qui en fait sans doute le premier cas d' "Hacktivisme" à si grande échelle
Slammer, un petit ver pour de gros dégâts (2003)
En 2003, le ver Slammer (aussi connu sous le nom de Saphire) s'est propagé en exploitant unefaille dans les serveurs SQL Microsoft.En moins de 10 minutes, 75 000 serveurs SQL sont infectés. Slammer pesait 376 octets.
Blaster contre Bill Gates (2003)
En 2003, Blaster se propage via une faille dans Microsoft Windows (NT 4.0, 2000, XP et Windows Server 2003). En exploitant la faille grâce à un débordement de mémoire tampon, le ver Blaster (aussi appelé LovSan) peut prendre le contrôle de la machine. Plusieurs centaines de milliers d'utilisateurs seront infectés, sans le savoir... jusqu'à ce que leur ordinateur s'éteigne toutes les 60 secondes. Perdu dans son code, Blaster contient le texte :"billy gates stop making money and fix your software!!", soit "Bill Gates, arrétez de vous enrichir et réparer vos logiciels".
Sasser : Microsoft monte au créneau (2004)
Particulièrement virulent, Sasser s'en prend à des systèmes déconnectés d'Internet. Plus d'un million de systèmes sont infectés, les communications satellites de l'AFP sont interrompues pendant des heures, Delta Airlines est contrainte d'annuler des vols, les gardes côtes britanniques sont contraints de ressortir leurs cartes papier, et un hôpital doit rediriger ses urgences, le service radiologie étant paralysé par le virus. L'étendue des dégâts dépasse les 18 milliards de dollars.
Microsoft décide de réagir et monte au créneau, il décide d'offrir une récompense d'un quart de milliard de dollars à celui qui retrouve l'auteur de Sasser.
La technique sera efficace : un étudiant allemand de 18 ansavouera avoir écrit le programme malveillant. Il expliquera d'ailleurs avoir conçu Sasser pour aider sa mère à retrouver un travail dans la sécurité informatique.
MyTob : le basculement dans l'ère des botnets (2005)
En 2005 le ver MyTob commence à sévir. Il se propage par e-mail et exploite des vulnérabilités dans différentes version de Windows. C'est plus précisément un cheval de Troie, soit un ver qui dispose d'une porte dérobée et qui peut être contrôlé via l'Internet Relay Chat (IRC). On entre dans l'ère des botnets... et de la cybercriminalité.
Storm et la décentralisation du botnet (2007)
En 2007, Storm, en implémentant une architecture peer-to-peer, devient le premier botnet au commandement décentralisé...Il est donc beaucoup plus robuste. Selon les chiffres, jusqu'à 50 millions de systèmes auraient pu être infectés. Au pic de l'épidémie Storm a même représenté jusqu'à 8% de toutes les infections répertoriées dans le monde.
Koobface s'attaque aux réseaux sociaux (2008)
En 2008, Koobface, anagramme de Facebookfut le premier botnet à se diffuser via les réseaux sociaux: Facebook, mais aussi MySpace,hi5, Bebo ou encore Friendster, etc.
Sa technique de propagation est particulièrement efficace: il se fait passer pour l'utilisateur infecté sur les réseaux sociaux, incitant ses amis à installer une mise à jour de leur lecteur Flash, afin de pouvoir visionner une vidéo. La mise à jour n'est bien évidemment qu'une copie du virus.
Conficker : un ver qui dévaste tout... Sauf l'Ukraine(2009)
C'est à la fois un ver aussi ravageur que Sasseret un botnet ultra-résiliantqui implémente les meilleures techniques défensives. Conficker perturbait énormément les systèmes infectés, et se faisait souvent immédiatement remarquer, ce qui n'est pas une qualité pour ce type programme malveillant, qui aurait gagné à rester plus discret.
Conficker sature les réseaux et fait de nombreuses victimes spectaculaires : des avions sont cloués au sol, dont une partie de la Chasse française, des hôpitaux sont aussi impactés, des bases militaires infectées, etc... Selon les chiffres de Fortinet, environ 7 millions de systèmes sont infectésà travers le monde. Sauf en Ukraine. En effet, le virus n'infecte pas les IP ukrainiennes, ni les machines configurées avec un clavier ukrainien.
Stuxnet, et la menace de la cyberguerre (2010)
En 2010, avec l'analyse détaillée et très médiatisée de Stuxnet, le monde entier prend conscience de la vulnérabilité des systèmes Scada, pilotant des industries et même des centrales nucléaires.
Son degré de sophistication rarement égalé laisse penser qu'il s'agit d'un programme bénéficiant de soutien très haut placé, voire étatique.
Stuxnet cible en effet des contrôleurs logiques programmables bien précis des systèmes Siemens dont il peut modifier les fréquences et les vitesses de certains moteurs, afin de saboter le système. En outre, il se répand en exploitant pas moins de 4 failles critiques Windows 0 day, ce qui est un luxe aussi tout à fait inhabituel.
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