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Cyberguerre, cyberattaques, cyberterrorisme, des mots encore impensables il y a quelques années mais qui deviennent réalité. L’Estonie avait déjà subi les frais d'une série d'attaques par déni de service (DDOS, déni de service distribué) sans précédent à l'échelle d'un pays. Les sites gouvernementaux, des banques, des hôpitaux, des médias, les numéros des urgences (ambulances, incendies) étaient restés indisponibles pendant plusieurs heures. Ce serait la guerre du futur, c’est certain … une guerre électronique. 

 

Il s’agit aujourd’hui d’un ver informatique (pas un obus, ni char, missile ou bombe atomique) conçu pour détruire des installations nucléaires iraniennes. Ce code malveillant n’a rien du virus traditionnel, puisqu’il pourrait s’agir d’une « cyberarme » destinée à attaquer des infrastructures sensibles. 

 

Le ver Stuxnet, considéré comme très sophistiqué, passe du stade de l’espionnage industriel à la menace terroriste. Ainsi, la communauté des experts en sécurité IT émet une alerte à propos de ce malware, qui peut se propager depuis une simple clé USB.

Stuxnet a véritablement commencé à faire parler de lui au début de l'été, lorsque Microsoft a confirmé une vulnérabilité 0-day affectant son système d'exploitation Windows et liée au traitement des fichiers .lnk (raccourcis de fichiers). On a découvert depuis que Stuxnet exploitait en réalité trois autres failles Windows non patchées pour tenter d'infecter la machine cible, ce qui est extrêmement rare pour un malware. Eric Filiol, expert en sécurité et directeur du centre de recherche du groupe ESIEA  l’a confirmé : « Le code est relativement classique, mais intéressant d'un point de vue technique, puisqu'il consiste en un cheval de Troie doublé de technologies de type ‘’rootkit’’ pour le rendre invisible ».  C’est aussi une bestiole, très coriace, utilisant des certificats pour faire passer pour authentiques les pilotes Windows dont il a besoin. Lorsqu’il attaque de ce type, on ne parle pas seulement de paralysie d’un système informatique mais de destruction physique des installations.

 

Selon les autorités iraniennes, Stuxnet a effectivement touché l'Iran comme les premiers rapports d'exploitation le laissaient entendre. Néanmoins, Téhéran dément des dommages industriels causés par Stuxnet et affirme que la centrale nucléaire de Bushehr a été épargnée. Toutefois, des ordinateurs personnels d'employés de la centrale auraient bel et bien été infectés.

L'éditeur de solutions de sécurité Symantec a publié dans un communiqué que, ce ver a été créé par un gouvernement ou une riche entité privée car il est très sophistiqué et très complexe. Il nécessite de nombreuses compétences et aussi une somme importante d’argent pour le créer. Symantec a aussi ajouté qu’il n'y a pas beaucoup de groupes capables de réussir une telle manigance.

Certains observateurs y ont vu la main d'Israël et/ou des États-Unis convaincus que l'Iran développe un programme nucléaire militaire.

Le programme nucléaire iranien est au cœur d'un conflit entre Téhéran et les Occidentaux, qui soupçonnent la République islamique, malgré ses contestations, de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert d'activités civiles.

 

Patrick TAKOUGNADI
Consultant en Sécurité Internet

 


 

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