Les technologies numériques sont devenues des moyens de réalisation d’activités criminelles. L’Internet constitue désormais un vecteur privilégié de propagation de celles-ci, comme nous le verrons tout au long de cet ouvrage. Trop souvent, la complexité́ de la technologie joue en faveur des cybercriminels. Mais cela n’est pas une fatalité.
Cet article présente des clés pour apprendre à déceler les menaces, à connaître les comportements à risque et à repérer les multiples formes de cybercriminalité́ sur Internet.
Définition et description
La cybercriminalité se définit comme toute activité́ criminelle réalisée au travers du cyberespace (espace virtuel), via le réseau Internet. Par extension, cela intègre de plus en plus toute forme de malveillance électronique effectuée à l’aide des technologies informatiques et télécoms, via la téléphonie ou les cartes à puces par exemple. Par activité́ criminelle, on entend celle qui est illégale, illicite, irrégulière ou contraire à la loi. Ainsi la cybercriminalité recouvre une large gamme de forfaits et la majorité́ des délits existants peuvent se réaliser via Internet.
Citoyens détroussés, enfants en danger, entreprises ruinées, Etats menacées, les cybercriminels étendent leur emprise en même temps qu’Internet se développe. Nous ne les voyons pas, nous ne les connaissons pas, nous ne nous en méfions pas et c’est leur force. Pourtant, nous sommes tous concernés. Qu’il s’agisse de manipulation d’opinion, d’espionnage, d’usurpation d’identité, de terrorisme, de harcèlement, d’escroquerie, de délinquance, de fraude financière ou de diverses formes de délinquance, la cybercriminalité́ touche la société dans son intégralité.
Les cibles
Les acteurs économiques sont des cibles de choix pour la cybercriminalité, mais les administrations publiques ou les citoyens ne sont pas plus à l'abri. Aux Etats-Unis, le Pentagone a enregistré à lui seul, en 2001, plus de 22 000 agressions électroniques contre ses systèmes et le FBI a recensé 5 000 infrastructures "extrêmement vulnérables" à la criminalité informatique capable "de déstabiliser l'économie entière d'un pays", selon Ronald L. Dick, directeur du Centre de la protection des infrastructures nationales. Le point commun de ces catégories d'infractions est que celles-ci peuvent être commises à grande échelle et que la distance géographique entre le lieu où l'acte délictueux est effectué et ses effets, peut être considérable.
Les champs d’actions
On a généralement trois (03) catégories d’activités criminelles
- les formes traditionnelles de criminalité, telles que la fraude et la falsification informatiques (escroqueries, fausses cartes de paiement, etc.)
- la diffusion de contenus illicites par voie électronique (par exemple, ceux ayant trait à la violence sexuelle exercée contre des enfants ou à l'incitation à la haine raciale).
- les infractions propres aux réseaux électroniques, c'est-à-dire les attaques visant les systèmes d'information, le dénis de service et le piratage.
Les principales méthodes utilisées
- La fraude 419 (aussi appelée scam 419, ou arnaque nigériane) est une escroquerie répandue sur Internet. La dénomination 4-1-9 vient du numéro de l'article du code nigerian sanctionnant ce type de fraude. Cette escroquerie tire profit de la crédulité et de la cupidité de ses victimes. Les escrocs utilisent les messageries électroniques (courriels principalement) pour soutirer de l'argent aux victimes.
Un scam se présente généralement sous la forme d'un spam dans lequel une personne affirme posséder une importante somme d'argent (plusieurs millions de dollars en héritage, pots-de-vin, comptes tombés en déshérence, fonds à placer à l'étranger suite à un changement de contexte politique, etc.) et fait part de son besoin d'utiliser un compte existant pour transférer rapidement cet argent. La personne à l'origine du scam demande de l'aide pour effectuer ce transfert d'argent, en échange de quoi il offre un pourcentage sur la somme qui sera transférée, en général par la « voie diplomatique ». Si la victime accepte, on lui demandera petit à petit d’avancer des sommes d’argent destinées à couvrir des frais imaginaires (notaires, entreprises de sécurité, pots-de-vin…) avant que le transfert ne soit effectif ; bien entendu, ce transfert n’aura jamais lieu.
Les services secrets des Etats Unis estiment que ce type d'escroquerie rapporte plusieurs centaines de millions de dollars US par an à ses auteurs et cela en constante augmentation.
- Une des variantes de cette fraude 419 est de faire croire à la victime qu'il est le gagnant d'une somme importante pour un tirage au sort qui a eu lieu parmi toutes les adresses courriel.
Le scammeur prétend s’exprimer au nom d'un organisme gérant des jeux de loterie, et annonce à la victime potentielle qu'elle a été tirée au sort, a gagné une grosse somme d'argent et doit contacter certaines personnes pour recevoir son prix. La procédure pour récupérer le prix nécessite le paiement de divers frais de gestion.
- Une autre variante provient d'un fraudeur ou d'une entreprise, prétendant offrir une offre d'emploi en Afrique alors que l'offre d'emploi n'existe pas. Toutefois on demande aux "poisson" de payer de l'argent pour les permis de travail ou le voyage.
Exemples de pourriels destiné à lancer une fraude 4-1-9
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- Le phishing, hameçonnage ou filoutage, est une technique frauduleuse utilisée par les pirates informatiques pour récupérer des informations (généralement bancaires) auprès d'internautes. La particularité de cette technique est qu’elle n’exploite pas le système comme le ferait un virus, mais son objectif est de tromper la cible.
En effet, le phishing consiste à envoyer un mail, dans lequel le cybercriminel se fait passer pour une entreprise, généralement un site de e-commerce (Vente ou achat de biens et de services réalisé sur internet..) ou un site de banque et invite la personne à surfer sur une autre page via un lien hypertexte (lien vers une page Web) à la fin du mail. Après avoir cliqué sur le lien hypertexte, la victime arrive sur une réplique parfaite du site original de la banque ou de e-commerce et est invité à remplir un formulaire. C’est dans ce formulaire que les hackers pourront récupérer toutes les informations concernant les victimes, y compris ses informations bancaires.
Exemple de phishing :
http://www.eila.univ-paris-diderot.fr/sysadmin/securite/virus/phishing
http://www.blog-du-net.net/article-5421767.html
Les faits réels
En utilisant les différents services offerts par Internet, chaque internaute peut s’exposer à une menace d’origine criminelle et devenir la cible ou l’acteur, le plus souvent involontaire, d’un délit. La cybercriminalité́ est désormais une réalité comme le démontre l’actualité́ régulièrement depuis plusieurs années. Elle entraine des conséquences plus ou moins importantes pour les individus, les organisations et les Etats.
- Le cas le plus récent que tous les Togolais connaissent est l’affaire de la styliste sénégalaise Mame Faguèye Bâ kidnappée par un groupe de cybercriminel qui réclamait une rançon de 150 millions de FCFA. Il y a eu longtemps des échanges téléphoniques et des messages électroniques entre les ravisseurs et la dame. Ayant convaincu la dame pour un deal alléchant celle-ci quittait le 18 mai Bamako pour Lomé où elle prétend aller « signer un contrat avec une société sierra léonaise de télécommunication nommée Africell ». Et, le bureau local de cette entreprise serait dirigé dans la capitale togolaise par un certain Benar Cisay.
On n’oublie pas cas de l’Ecobank où les cybercriminels sont arrivés à arracher des millions de nos francs via Internet.
- « Les cyberescrocs de la Côte d’Ivoire ont réussi, au cours de l’année 2009, à soutirer plus de 10 milliards de FCFA à d’honnêtes citoyens », a révélé le 15 juin 2010, le conseiller technique du directeur général de l’Agence des télécommunications de Côte d’Ivoire (ATCI), Abraham Djékou.
- Le site generation-net.com rapportait le cas d’une escroquerie ayant touché plusieurs centaines de victimes dans le monde entier : « Tout a commencé suite à une plainte déposée par une victime habitant en Haute-Corse. Cette personne, ayant payé 580 euros d’adhésion à un club financier accessible sur Internet, a ouvert un compte pour y placer 130 000 euros. Ne voyant pas les intérêts promis par le club, elle s’en est inquiétée et a fini par déposer plainte. Il aura fallu cinq mois d’enquête aux gendarmes spécialisés dans la délinquance économique et financière de la section de recherche d’Ajaccio pour faire le lien avec un couple qui avait depuis fermé son site basé aux USA, laissant sans réponse les réclamations de plus de 700 personnes tant en France, qu’en Allemagne, en Espagne, en Belgique, en Suisse, aux USA, au Brésil, au Canada ou en Afrique. Accusés d’abus de confiance commis en faisant appel au public, ils auraient extorqué ainsi plus de 1,2 million d’euros. Il s’agissait d’un homme âgé de 23 ans, aidé par sa mère de 40 ans, qui proposaient avec la société New Import Club, via plusieurs sites Internet (libershop.com, libertoi.com…) des contrats de placement financier avec des taux d’intérêt allant jusqu’à 28%. Ces contrats étaient, comme vous l’imaginez bien, tous faux.
Suivez pour finir ces deux témoignages :
- «J’ai déniché́ une annonce sur un site proposant une voiture à un prix très attractif. Après plusieurs échanges avec le vendeur, j’ai reçu un courriel au nom du site définissant les modalités de paiement. Je ne me suis pas méfié́ et j’ai réglé́ le bien en passant par un service de transfert d’argent. En fait, c’est le vendeur escroc qui avait envoyé́ ce courriel! L’argent a été retiré le jour même. Je n’ai jamais reçu le bien que j’avais payé.»
- «J’ai reçu un courriel de ma banque me demandant mon identifiant de connexion et le mot de passe de consultation de mon compte en ligne. Ils m’avaient alors expliqué qu’ils avaient besoin de mettre à jour mes données de connexion. Le problème c’est que ce n’était pas ma banque. Mon compte a été vidé.» (source: www.interieur.gouv.fr).
Les conseils
Attention à la fraude sur Internet
- Soyez prudent, l'Internet est une rue peuplée d'inconnus;
- Ne jamais répondre à un couriel dont l'expéditeur vous est inconnu;
- Ne jamais donner d'informations sur vos comptes bancaires. Les institutions financières réelles ne vous demanderont jamais de tels renseignements;
- Pour des achats ou transferts sur le Net, vérifiez bien l'adresse du site (url). Bien que le nom de l'institution financière figure dans l'url, les fraudeurs ont leur propres domaines et peuvent définir un sous domaine du nom de l'institution.
- Ne jamais fournir d'informations personnelles sur le Net
Ce qu'il faut éviter
Contre tout risque de mauvaise expérience, il est conseillé d'éviter:
- Les transactions internationales. N'envoyez pas d'argent ou de bien à l'étranger par Internet: les recours sont complexes, dificiles et peu couronnés de succès.
- Les payements par transfert instantané d'argent à l'aide de services tels que Western Union. Il n'est toujours pas possible de retrouver le destinataire!
- Les affaires trop interessantes sur l'Internet pour être vraies.
- Les achats d'objets sur le Net sans preuve de leur existance.
- Les offres non sollicitées. Si un inconnu vous envoie une offre spontanée pour une "affaire", ignorez-la!
Je vous offre aussi ce lien qui vous donne quelques indices pour éviter les pièges du cysbercrime http://www.20min.ch/ro/multimedia/stories/story/14388597
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