Internet Explorer perd du terrain en stagnant dans une version 8 pas franchement extraordinaire, en attendant une version 9 prometteuse mais encore loin de la sortie. Google Chrome ne ralentit pas la cadence : après une version 4.0 majeure, la version 5 apporte des améliorations moins fondamentales mais finalise le support de Mac OS X et Linux, tandis que quelques optimisations se manifestent. Mozilla Firefox, face à ce concurrent de plus en plus acharné, peine à faire évoluer un Firefox 3, dont la version 3.6 n'apporte pas de révolution. Néanmoins, l'avenir du navigateur libre commence à se dessiner avec une première bêta de la version 4.0.
Historiquement…
INTERNET EXPLORER 8
Fonctionnalité
L'amélioration principale apportée par Internet Explorer 8 réside dans les accélérateurs. Dans cette version, vous pourrez sélectionner une adresse et lancer une recherche sur celle-ci dans Live Search Maps. Au niveau de la recherche, on notera également une refonte du champ de recherche qui permet désormais de basculer facilement d'un moteur à l'autre, et peut afficher, pour certains sites, des suggestions détaillées accompagnées de photos. Il est désormais possible d'afficher un flux RSS à la barre des signets et d'afficher les entrées dans un menu déroulant comme pour Firefox depuis sa version 1.5.
L'absence de gestionnaire de téléchargement intégré et la gestion des favoris d'Internet Explorer 8 qui est restée très traditionnelle sont des points qui font encore passer Internet Explorer pour un navigateur archaïque.
Performance
Internet Explorer n'a jamais brillé par les performances de son moteur et ça se vérifie aussi avec la 8. Si l'affichage des pages est plutôt rapide, le navigateur traine la patte au niveau du javascript, restant très en retrait sur le test de rapidité (test SunSpider). Au niveau des performances plus générales, la situation est également loin d'être glorieuse puisque l'occupation mémoire a tendance à gonfler outre mesure lorsque l'on ouvre une vingtaine d'onglets.
Sécurité
Longtemps sous les feux des critiques, Internet Explorer dans sa version 8 est pourtant efficace en matière de sécurité. Utilisé par plus d'une personne sur cinq dans sa dernière mouture, il est la cible principale des pirates. Une tendance qui oblige toutefois Microsoft à améliorer continuellement son application.
IE 8 propose un module anti-site malveillant et un anti-phishing à l'image de ses concurrents. Dès lors que l'utilisateur arrive sur un site dangereux, le navigateur de Microsoft l'avertit en affichant une alerte. Ces sites Web cherchent à récupérer des informations confidentielles stockées sur le PC, en vue d'usurper l'identité de l'utilisateur ou revendre les données bancaires récupérées. IE met aussi en oeuvre un filtre (Smartscreen) pour protéger le poste des attaques de logiciels malveillants, ou de leur installation sur le disque dur.
Dernière évolution des navigateurs en matière de sécurité, la navigation privée. Le but est de profiter d'Internet sans laisser de données derrière soi, avec la possibilité pour Internet Explorer 8 d'effacer les traces sans interférer avec les favoris. C'est la fonction InPrivate. Elle permet de masquer les fichiers Internet temporaires, les données de formulaires, et l'historique ou encore les mots de passe.
Internet Explorer 8 est le seul navigateur 64 bits qui fonctionne entièrement sous Windows, tandis que les autres ne sont qu'en version 32 bits, ce qui légitime sa qualité en matière de sécurité.
MOZILLA FIREFOX 3.6
Fonctionnalités
Firefox 3.6 est la dernière mise à jour majeure d'un Firefox 3 qui partait avec une certaine avance, mais qui commence à se faire rattraper… Heureusement, après quelques soucis de feuille de route, Firefox 4.0 pointe enfin le bout de son nez en se dévoilant dans une première version bêta.
Firefox 3.6 reste une mise à jour évolutive par rapport à la version 3.0 qui apportait l'essentiel des nouveautés. Un simple clic sur l'étoile à droite de la barre d'adresse ajoute le site aux signets, et un double clic sur l'étoile permet d'en éditer les propriétés, et notamment d'ajouter les fameux mots clés.
Les mots clés sont notamment utiles dans l'utilisation de la « barre géniale ». Celle-ci affiche pour rappel des résultats de recherche détaillés en fonction des mots clés saisis dans la barre d'adresse, faisant notamment ressortir l'historique de navigation mais surtout les favoris.
Si vous avez associé le mot clé « Informatique » à Clubic, par exemple, saisir le mot clé fera remonter tous les sites de l'historique contenant le mot « informatique » dans la barre, mais aussi, en premiers lieux, les favoris associés à ce mot clé.
La gestion des téléchargements de la version 3.6 comme toute version 3.X est toujours présent, permettant de suspendre un téléchargement et de le reprendre au lancement d'une nouvelle session du navigateur. Et ce gestionnaire est suffisamment solide et ergonomique en l'état. Idem pour les modules complémentaires qui disposent toujours d'une gestion simple et éprouvée, avec la possibilité de rechercher et installer des extensions directement depuis le panneau « Modules complémentaires » et de désactiver individuellement les plugins navigateurs (Flash, Java…). Cette faculté de personnalisation reste le point fort du navigateur libre et même si Google Chrome commence à le taquiner sur ce point, Firefox garde une certaine avance sur la quantité et la qualité des extensions proposées.
Performance
Concrètement, on note des améliorations tangibles mais qui placent toujours le navigateur assez loin de Chrome, imbattables sur le plan des performances. Les problèmes de gestion de mémoire qui ont pu entacher le navigateur dans le passé ne semblent plus d'actualité aujourd'hui.
En ce qui concerne le respect des derniers standards du web, le bilan de Firefox 3.6 est également un peu à la traine. D'ailleurs, cette version ne passe toujours pas le test de l'Acid3 à 100%, ne gagnant qu'un petit point par rapport à la version 3.5. (Acid3 est un panel de tests vérifiant les capacités à supporter un choix de fonctionnalités relevant de différents standards du Web).
Sécurité
Firefox dispose d'un système d'identification de sites frauduleux. À partir d'une liste noire de sites, le navigateur bloque complètement l'accès à un de ces sites en affichant une page qui explique les raisons du blocage. L'affichage des sites sécurisés est également plus clair, grâce à la mise en évidence des certificats dans la barre d'adresses. Sur ce point, la fondation Mozilla procède en moyenne à 48 mises à jour quotidiennes de sites Web contrefaits.
Sur le plan de la maintenance, les applications non-mises à jour sont repérées par Firefox, qui présente alors un lien pour rectifier la situation. Une opération qui permet d'éviter les failles de sécurité que peuvent contenir les extensions trop anciennes.
Pour conserver l'anonymat, il est possible de basculer en mode privé. De plus, la fonction d'historique s'est enrichie d'une nouvelle option qui permet d'effacer les liens de la dernière heure de navigation.
GOOGLE CHROME 5.0
L'évolution constante de Google Chrome laisse peu de temps pour respirer : les versions s'enchainent les unes après les autres et le cap de la version 5 vient d'être franchi ! Après une version 4 qui l'était clairement en apportant la prise en charge des extensions, la version 5 de Google Chrome apporte des améliorations plus mineures mais néanmoins intéressantes.
Fonctionnalités
La nouveauté principale de Google Chrome 5 ne se situe ni dans les fonctionnalités, ni dans l'interface mais dans la première version finale du navigateur pour Mac OS X et Linux. Très proches de la version Windows, ces portages ne déçoivent pas : comme la version Windows, ils se posent d'emblée en alternative séduisante aux navigateurs existants sur les deux plates-formes.
Sur le plan des fonctionnalités, la seule nouveauté vraiment intéressante concerne la synchronisation. On se souvient que la version 4 permettait de synchroniser ses signets entre plusieurs machines via le compte Google. Chrome 5 étend la synchronisation à d'autres paramètres tels que les thèmes et les préférences. Pour ces dernières il est difficile de savoir exactement quelles sont celles qui sont réellement synchronisées. Selon Google, les paramètres incluent le démarrage du navigateur, les paramètres de contenu ainsi que les langues. On apprécie l'extrême rapidité de synchronisation où les modifications sont répercutées en une poignée de secondes lorsque deux machines exécutant Chrome sont allumées simultanément !
Pour le reste, on retrouve une gestion des favoris moins complète que celle de Firefox mais efface : ajout en un clic d'un site aux favoris via l'étoile de la barre d'adresse et barre d'adresse intelligente permettant de les retrouver facilement en tête de liste.
Au niveau des téléchargements, Google Chrome propose toujours un gestionnaire élégant mais minimaliste (un peu trop discrète). Les fonctionnalités sont limitées au minimum : s'il est possible de suspendre un téléchargement, toute fermeture de session entrainera son annulation pure et simple ! Une fois le navigateur relancé, il ne sera même pas possible de reprendre le téléchargement de zéro depuis le gestionnaire. On pourrait dire qu'il vaut mieux un gestionnaire de téléchargement incomplet que pas de gestionnaire du tout…
Il faut aller fouiller dans les options pour modifier le moteur de recherche par défaut, le logiciel propose plusieurs choix dont Yahoo et Bing mais aussi Wikipedia, eBay ou le portail lexical du CNRTL.
De nombreuses extensions sont néanmoins disponibles et la plupart des classiques de Firefox, comme Better Gmail ou Autopager, sont de la partie. La version 5 apporte une nouveauté concernant les extensions : il est désormais possible de les utiliser en mode de navigation privée (à condition de les activer manuellement une fois le navigateur dans ce mode).
Performances
Que dire des performances de Chrome ? On peut commencer par rappeler que le navigateur se lance à peu près aussi rapidement que le Bloc Notes sur un PC standard, et pas beaucoup plus lentement sur un modeste netbook. Si vous faites partie des surfeurs pressés, cette rapidité peut faire la différence. Les performances sur les différents benchmarks oscillent également entre le très bon et l'excellent. Google Chrome est, dans sa version Windows, le navigateur qui obtient le meilleur score au bench javascript SunSpider (vitesse de traitement des instructions JavaScript).
Plus un navigateur sera performant dans ce domaine, plus la consultation de ces sites sera aisée. Dans la pratique, l'écart de performances n'est pas forcément flagrant, mais en mesurant les moteurs avec un benchmark comme SunSpider, on peut constater des différences assez importantes.
Terminons par le respect des standards du web, Google Chrome 5 s'avère particulièrement en avance sur ce point. Utilisant le moteur Webkit, le navigateur bénéficie de toutes les avancées de celui-ci sur les propriétés CSS3, et notamment les animations et transitions que l'on ne trouve encore sur aucun autre navigateur en version finale. La version 5 apporte quelques nouvelles propriétés HTML 5, dont certaines ont également fait leur apparition dans Safari. C'est le cas de Websockets, de la géolocalisation, ou encore du glisser/déposer d'éléments.
Sécurité
Google Chrome dispose des outils désormais répandus de filtrage des sites de hameçonnage et des sites malveillants. Comme ses concurrents, il détourne l'utilisateur de ces sites en affichant une page spéciale. Comme souvent, cette fonctionnalité dépend de la réactivité de la base associée. Au niveau de la stabilité, on appréciera le fait que chaque onglet dispose de son propre processus.
La navigation en mode furtif existe aussi sous Chrome. Ce mode permet aux pages Internet consultées de ne pas être enregistrées dans l'historique de navigation et de téléchargement. Cependant, les favoris édités en mode privé restent disponibles de retour en mode classique. Au total, Chrome semble donc globalement en retard sur Internet Explorer et Firefox.
Conclusion
Quel est le meilleur navigateur qu’il faut adopter? La question reste difficile à trancher et n'offre pas de réponse unique. Ce qui est sûr, ces trois navigateurs sont les meilleurs sélectionnés par plusieurs experts et éditeurs après des tests beaucoup plus pointus. Cependant l’ordre n’est pas le même et tout dépend des critères que chacun voit plus importants.
J’espère au travers de cet article vous avoir éclairé sur les différents points importants qu’il faut prendre en compte lors du choix d’un nouveau navigateur ou d’une nouvelle version d’un navigateur pour vos postes de travail.
Clairement, l’Internet Explorer est à la traine et il est inutile de le nier. La dernière version du navigateur est en progrès surtout dans le domaine d la sécurité par rapport aux précédentes, mais Microsoft paie aujourd'hui ses failles répétitives interminables et le retard pris avec la stagnation, pendant de longues années, d'Internet Explorer 6. Lent, lourd, à la traine sur les standards, Microsoft l'a compris et compte bien rattraper son retard avec un Internet Explorer 9 dont les premières démonstrations technologiques sont prometteuses selon les experts.
Si certains recommandent toujours Firefox qui demeure un navigateur solide, mûr et fonctionnel malgré ses quelques lenteurs, moi je leur demanderai de tester la dernière version de Google Chrome qui a pris désormais la première place au test Acid3 avant d’y trancher. Il est désormais arrivé à maturité, gommant progressivement tous ses défauts (à part peut être l'absence de flux RSS), tout en conservant les qualités qui me séduit tant, notamment son ergonomie minimaliste mais efficace et ses performances.
En définitif, je vous conseillerai Firefox si vous êtes sur Windows vue les problèmes récurrents sur ce système d’exploitation sinon le meilleur serait le « TGV » Google Chrome sur un système UNIX qui peu lui combler ses carences de sécurité.
Patrick TAKOUGNADI
Consultant en Sécurité Internet
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